Samedi 1er janvier 2005
Comme le relatent les derniers chiffres officiels émis par l’Institut national de Veille Sanitaire, et tel que le déclare son directeur Gilles Brücker : “La situation de contrôle de l’épidémie est tout à fait insatisfaisante en France”.
6 000 nouvelles contaminations ont été diagnostiquées entre mars 2003 et mars 2004 à l’aide du nouveau système de surveillance basé sur la déclaration obligatoire. 32 % de ces infections sont récentes et datent de moins de six mois.
Relâchement des pratiques et comportements à risques
Le relâchement des pratiques de prévention et la multiplication des comportements à risques ont été brusquement confirmés, notamment au sein de la communauté gay qui reste particulièrement touchée. Elle représente 22% des nouveaux diagnostics avec une proportion d’infections récentes importante puisqu’un homosexuel sur deux a été contaminé dans les six mois qui ont précédé son test. Le précédent ministre de la santé, Philippe Douste-Blazy, a déclaré à ce propos : « Le spectre des années noires réapparaît ». Au-delà de ces déclarations, les données brutes confirment le manque d’efficacité des politiques de prévention : le plan Douste-Blazy, concernant les économies et le re-financement de la sécurité sociale, n’aborde à aucun moment ce sujet ; les associations s’enferment dans un débat sur la stratégie de prévention à adopter, et brouillent ainsi la lisibilité d’un message fort de prévention qu’elles pourraient partager.
Féminisation
43 % des nouveaux diagnostics concernent les femmes dont la moitié est originaire d’Afrique subsaharienne. Les femmes sont généralement plus jeunes que les hommes au moment du diagnostic, et majoritaires dans les tranches d’âge de 15 à 29 ans. Les femmes de moins de 30 ans représentent un diagnostic sur cinq.
Méconnaissance du statut sérologique
La méconnaissance du statut sérologique est préoccupante : 47 % des personnes chez lesquelles un diagnostic de sida a été posé ignoraient leur séropositivité et 25% la connaissaient mais n’avaient pas bénéficié d’un traitement antirétroviral avant le diagnostic de sida.
Au niveau mondial, chronique d’une mort annoncée
La lecture annuelle du rapport Onusida reste toujours aussi désespérante : 3,1 millions de morts en 2004 soit 5, 6% de la mortalité annuelle mondiale ; 4,9 millions de nouvelles infections ; 39,4 millions de personnes vivant dans le monde avec le VIH.
Entre autres : seules 7 % des personnes, soit 400 000, qui en auraient besoin sont sous traitement ; les femmes représentent désormais 50% des personnes infectées ; les jeunes de 15 à 24 ans constituent la moitié des nouvelles infections ; 15 millions d’enfants ont perdu un ou deux de leurs parents du sida ; les programmes de prévention atteignent moins d’une personne sur cinq parmi ceux qui en ont besoin... Pendant ce temps, les effets d’annonce politique, qui ne changent rien au sort des malades, se succèdent, l’industrie pharmaceutique organise la restriction de l’accès aux traitements en limitant la possibilité de produire des génériques, la recherche se concentre sur les problématiques des pays riches.
Source : http://www.actions-traitements.org/
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